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Avis : Le but de ce billet
est de jeter un regard critique sur l’environnement politique, économique
et social qui touche de près ou de loin la région de Drummondville.
Les opinions exprimées dans ces quelques lignes reflètent
la pensée de l’auteur et seulement celle de l’auteur.
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Une entrée propre (Lundi, 9 Juin 2003)
Moi qui fut candidat indépendant lors des dernières élections, que devais-je donc faire lorsque tout ce cirque électoral allait se terminer ? Comme je n’ai pas de parti, deux choix s’imposaient à moi. Le premier : aller faire campagne dans Champlain. Mais je ne connaissais personne là-bas. Trop peur de m’ennuyer. Le deuxième choix : me faire des amis. J’ai donc opté pour cette option.
Mais un obstacle de taille se dressait contre moi. Où se trouver des amis à Drummondville? Mais au conseil municipal voyons donc!!!
Depuis quelques semaines donc, je m’intéresse de plus en plus à la politique municipale. D’abord parce que c’est plus près et ensuite parce que les assemblées publiques sont pratiquement toujours désertes. Je me suis donc dis que les élus seraient contents d’avoir des amis. Erreur ou boule de gomme (ou quelque chose comme ça). Disons que ces chers élus ne comprennent plus ce qui se passe : des gens viennent les voir et en plus, posent des questions. Évidemment, certains ne sont pas contents. Un conseillé, dont je m’abstiendrai de dire le nom ici, se promène en ville en disant que « Allard vient nous baver au conseil » C’est sûr que quand on est même pas assez intelligent pour comprendre les questions qu’on nous pose, c’est toujours plus facile de simplement dire qu’on se fait baver. Mais revenons à la politique comme telle.
Bien que plusieurs choses me chicotent à Drummondville, un petit point m’a cependant fait frémir lors d’une assemblée du conseil en mai dernier. C’est qu’on annonçait que cette année, la municipalité permettait l’augmentation de la consommation d’eau à Drummondville pour les besoins d’entretiens paysagés. Et oui, pendant que, quotidiennement, près de 2 milliards de personnes ne peuvent pas boire d’eau sur le globe, à Drummondville, on peut allègrement arroser sa pelouse et son entrée en asphalte. Nous aurons donc des entrées propres cette année.
Pourquoi permettre l’augmentation de la consommation d’eau? Les élus vous répondront que l’on revient simplement à la normale, puisque que, l’an dernier, ils avaient restreint cette consommation. En effet, pour satisfaire la World Best et ses besoins, la municipalité à dû restructurer son alimentation en eau. De sorte que, pour faire les travaux, la ville à demander à la population de moins consommer. Pour satisfaire une entreprise, il fallait donc se priver ( entreprise, priver, la pognez-vous?). Maintenant que le réseaux peut répondre à la demande on augmente cette consommation. Avant qu’on viennent me dire que la World Best créé de l’emploi, je dirai simplement que cette compagnie avait promis 300 jobs. En décembre dernier, il y en avait…50. Et la venue de cette compagnie a coûté aux contribuables 4 millions de dollars. C’est ce qu’on appelle se faire « fourrer d’aplomb ».
Le problème ici est donc de deux ordres. Premièrement, il faut savoir que les ressources d’eau potable diminuent dans le monde. On estime même à 20 ans pour éteindre les ressources en eau du Texas. Et devinez qui fournira leur H2O tantôt. Comme je l’expliquais au tout début, environs une personne sur trois ne boit pas d’eau quotidiennement. De plus, on voit le niveau des rivières du Québec et de notre fleuve baissé considérablement d’année en années. Mais ici, à Drummondville, on s’en sacre pas mal. Du moins c’est l’impression qu’on donne. Oui on se prive, mais pour les entreprises privées. Maintenant que l’on peut fournir tout le monde, gaspillons. On devrait continuer de se privée. Se priver pourquoi? Moi je répond simplement que notre consommation est puérile et que nous en avons pas besoin. Des exemples? Qui ne connaît pas un cave qui arrose son asphalte pour enlever les petites roches qui se font bronzer joyeusement la bedaine au soleil? Qui ne connaît pas d’irresponsable qui laisse ses sprinklers arroser son jardin…en pleine pluie? Qui ne connaît pas de morons qui peuvent arroser leur auto pendant vingt minutes simplement pour ménagé quelques coups de chiffons? Moi j’en connaît en masse. Voulez-vous des noms? Pas ici. Par contre, je me promène souvent dans le quartier numéro 9 (c’est normal, j’y habite) et je vois souvent des gens qui agissent comme ça. Un jour, lorsque je serai assez fâché, je vais simplement publier leur adresse. Moi, ça me scandalise de voir qu’après quatre jours de pluie, il y ait des gens qui sortent dehors pour arroser leur pelouse. Il faut le faire. Ça fait dur.
Ce qu’il faut faire en tant que collectivité, c’est se sensibiliser à ce se passe dans le monde avec la plus grande richesse qui soit. Il faut faire en sorte que le Québec deviennent un modèle de la consommation d’eau. Plusieurs pays européens ont déjà opté pour un système qui permet de recycler l’eau (exemple l’eau de la douche, etc.) Il faudrait également penser à instaurer des systèmes qui feraient en sorte que l’eau potable ne soit pas utilisé pour les besoins extérieurs (boyaux, etc). Finalement, il faudrait arrêté de gérer l’eau au même titre que le bois…surtout que sur cette question, le Québec est loin d’être un exemple. Cette gestion pourrait commencer à Drummondville. Certains élus vont diront que je ne sais même pas de quoi je parle. C’est sûr, il n’y a qu’eux qui connaissent tout. Je sais cependant qu’un verre de pelouse n’a pas le même impact sur mon corps qu’un bon verre d’eau.
On dira que je suis trop extrémistes et qu’une pelouse est un investissement qu’on veut garder. Je mettrai simplement au défi ceux qui pensent ainsi de boire des pesticides et de manger du fumier pendant l’été. Ils verront que le seul investissement réel et palpable que l’on doit garder, surveiller et protéger jalousement…c’est la vie.
(Pascal Allard)
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Culture recherchée (Dimanche, 15 Juin 2003)
-Que faites-vous dans la vie? -Je suis musicien. -Non non. Je veux dire pour vivre? Discussion banale direz-vous? Pas vraiment. Ça fait mal quand, dans son propre pays, on ne peut arriver à vivre de création, d’art. En Europe, quand cette même discussion débute, et que vous répondez que vous êtes artiste, on se mets quasiment à genoux devant vous. Là-bas on vous respecte parce que vous créé. Vous apportez des belles choses. Ici, l’art est un passe temps, un side-line comme on dit. Prenez seulement ici à Drummondville cet été. Sur quatre spectacles à caractère musicaux, seulement un utilise du matériel original. Et pour arriver à présenter ce spectacle, on doit faire appel à une majorité de bénévoles. Ça ne fait pas des enfants forts. Mais pour avoir un peu d’argent au bout de la ligne, on doit agir comme ça. Ici, au Québec, l’art est donc un passe temps, tant pour les spectateurs que pour les artistes. Dommage. En fait là où je veux en venir, c’est que jamais l’art au pays de Félix ne s’est aussi mal porté depuis 40 ans. Même le creux de vague du début des années 80 n’a rien à voir. Au moins à l’époque, l’originalité demeurait. Aujourd’hui, et plus que jamais, c’est la rentabilité qui compte, parce que, certains diront, que la survie de l’art même y est relié. L’art s’écrit maintenant sans t et débute par un o. L’identité culturelle semble en prendre également pour son rhume. On nom du profit, et parce qu’on veut arriver à vivre, on s’internationalise, et avec les résultats que ça donne.
Depuis plus de 40 ans, on nous parle de nation, de peuple, de faire un pays. On nous parle d’assimilation, d’identité. Où elle est l’identité? Céline Dion? Est-ce que vous vous rappeler la dernière fois où Céline a chanté un auteur québécois? C’était Plamondon. Ça fait longtemps. Les albums de Céline sont maintenant bourrés de pièces écrites uniquement par des Américains ou des Français. À ce compte-là, Bruce Springsteen serait plus représentatif du Québec avec des chansons de Charlebois. Et les autres, les voix québécoises, que chantent-elles de plus en plus? Les auteurs européens. Parce que c’est in. Parce que Didier Dupont-DesRosiers (avec l’accent SVP), c’est plus dans le vent que Rosaire Tremblay. L’idée est qu’une chanson écrite par un artiste connu ou européen (pour l’exotisme) est plus facile à vendre, donc plus rentable et mois risquée pour les compagnies de disques. Voilà le fond des choses, la rentabilité.
Le modèle au Québec est maintenant celui-là : recruter une voix, de préférence avec un beau physique. Lui faire chanter des chansons d’un auteur connu. Après le succès d’un premier album, on laissera cette voix écrire ses propres textes…parce que les droits d’auteur iront directement dans les poches de l’artiste. Le problème, c’est que les résultats ne sont pas toujours convaincants. Ils sont même souvent irritants voir insignifiants. Marie-Chantal Toupin en est le plus bel exemple. Des textes d’une débilité déconcertantes sortent de cette jolie bouche. Et c’est ce genre de personne qui sont accolées à la culture québécoise. Pathétique.
Parce que le marché est petit, le Québec ne pourrait survivre en culture sans les contributions des gouvernements. Or, notre nouvelle ministre de la culture vient d’affirmer qu’elle voulait faire en sorte que le privée prenne plus de place dans l’industrie culturel. Conne. Les seules entrepreneurs qui peuvent survivre au Québec dans le domaine de la culture sans subventions sont Guy Cloutier, PK Péladeau et Julie Snyder. De faire une telle affirmation est comme un aveu à la majorité des artistes du Québec que l’art, pour le Parti libéral du Québec, est aussi important que le cul pis la boisson, comme dirait Johnny.
Le cinéma québécois est également touché par cette internationalisation qui vient prostitué l’originalité de notre culture. Je pense entre autre à Mambo Italiano. Non je ne l’ai pas vue, et non je n’irai pas le voir au cinéma. Et pour une seule et bonne raison. Chez-nous, à Drummondville, environ une dizaine de films par année (pas plus) sont projetés en français. Seulement dix films par années donc nous permettre de bien saisir le jeu d’acteurs. Pas parce que se sont des films en français, comprenons nous bien, mais parce que ce sont des version originales. Le reste du temps, nous avons un corps avec une voix doublée. Moi ça m’agresse. Mais bon, on s’y fait. Lorsqu’un film québécois ou français sort ici, j’en profite. Il faut bien, se sont les seuls films qui sont présenté dans leur version originale. Le problème avec Mambo Italiano, c’est l’acteur Paul Sorvino. Pour avoir la participation de cet acteur, le réalisateur du film a décidé de tourner le film…en anglais! Il faut le faire. On voit donc Ginette Reno, Sophie Lorain, Dino Tavaronne et Pierrette Robitaille se faire aller les babines pendant que le son vient d’une autre source. Moi ça m’insulte et me scandalise. Même les Français ne font pas ça.
En effet, j’ai récemment vue le film Ma femme est une actrice. Terence Stamp y tient un rôle et principal de surcroît. Et bien lorsque M. Stamp parle, il est tout simplement sous-titré. Et vous savez quoi? C’est beaucoup plus réaliste. La même chose s’était pourtant fait avec les trois productions d’Omertà. Maintenant, on tourne en anglais…et on double. C’est pathétique. Les projections des Invasions barbares, du Déclin, de Jésus de Montréal, ou encore de La grande séduction au Festival de Cannes ont toutes été faites en français sous-titré. Et tout le monde a compris. Sommes-nous con à ce point?
Un petite question en terminant. Il y a des clubs vidéo qui placent leur films québécois sous la bannière Film International (comme si les films de Stallone étaient québécois). Où allons-nous donc placer un film comme Mambo Italiano? Il est québécois, mais il est doublé. Et comme tous les films doublés sont considérés, du moins dans ces clubs vidéo, comme étant des films nationaux, il faudrait donc l’inclure dans la même sections que les films américains. Peut-on dire que Mambo Italiano est le premier véritable film québécois? Sûrement, puisqu’il est doublé. Quand on nous parle d’assimilation….
(Pascal Allard)
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Un vieux fou (Jeudi, 26 Juin 2003)
Il faisait beau lundi. Je revenais de Richmond. J’en ai profité pour prendre les routes de campagne : je voulais profiter du beau temps. À la radio, on annonça la mort de Pierre Bourgault. La journée était déjà moins belle. Ça m’a fait de la peine. Je n’ai pas connu Bourgault personnellement. C’est peut-être mieux ainsi. Avec ma tête de cochon et la sienne, j’aurais peut-être fini par moins l’aimer. Mais bon. Je connaissais par contre son rêve. Et il est beau son rêve.
Bourgault a rêvé un jour d’un peuple qui se tient debout. Il a rêvé qu’un jour, au Québec, on puisse arrivé à vivre, travailler, chanter, créer et s’exprimer en français. C’est peu dans le fond, juste de pouvoir parler la langue que la majorité des mères apprennent à leur enfant depuis quelques siècles ici. Quand on regarde ça dans ce sens là, c’est quasiment niaiseux comme demande. Et c’est pour ça qu’il faut continué à se battre. Parce que la liberté ne réside pas dans les grandes choses. Elle réside simplement dans l’essentiel. Et l’essentiel pour tout le monde au monde, c’est de pouvoir être soit-même. Ça, Bourgault l’avait compris.
Il a parlé toute sa vie pour son peuple, pour la liberté. On parle de lui comme du meilleur orateur après Papineau. Foutaise. Rien à foutre de Papineau. Personne n’a de preuve de son talent d’orateur. Même avec ses écrits, on de la misère à savoir sur quel pied dansait le chef des Patriotes. Alors de juger la façon dont il parlait, je pense que nous ne sommes pas rendu là. Pour moi, Bourgault reste le plus grand orateur que le Québec ait connu. Pas seulement parce qu’il savait bien parler, mais également parce qu’il avait quelque chose à dire, ce qui manque royalement dans notre société.
Plus que tout, Bourgault aura été un homme de parole libre. De la même trempe, on peut y ajouté Chartrand. Entre les deux, seul le verbe diffère : l’arrogance, la liberté et la dignité convergent dans le même sens. En fait, c’est peut-être pour cette raison que Bourgault accrochait tant lorsqu’il parlait de liberté et d’indépendance : parce qu’il l’était d’abord lui-même. Oui c’est ça. Bourgault était libre et indépendant. C’étais peut-être un vieux fou aussi. Mais j’ai personnellement le goût d’embarquer dans sa folie.
Depuis lundi, j’ai appris un chose : la mort sert à faire vivre. Elle sert à faire vivre ceux qui restent. La mort est un coup de pied au cul aux vivants et, comme le dit Albert Jacard, c’est ce qui nous fait souvent faire des bonds incroyables.
Bourgault, je te remercie d’avoir fait ce que tu as fait. Tu n’étais pas un saint, on en a pas besoin. La cause indépendantiste n’a pas besoin de saint. Elle a simplement besoin d’hommes et de femmes vrais et dignes. La sainteté et la royauté, on laisse ça aux fédéralistes et aux héritiers de Trudeau. Eux ils l’ont leur Saint-Pet. Tu nous laisse la preuve indéniable d’une chose : au Québec, nous pouvons, si nous le voulons, se lever debout, dire ce qu’on pense et être libre. Oui, il y en a à qui ça ne fera jamais plaisirs. Mais l’important, ce n’est pas de faire plaisir à Pierre, Jean puis Jacques, c’est de faire en sorte que nous, ça nous fasse plaisir. La journée où le peuple, pour un fois, pensera à lui, ton rêve se réalisera.
Salut Bourgault.
(Pascal Allard)
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