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Avis : Le but de ce billet est de jeter un regard critique sur l’environnement politique, économique et social qui touche de près ou de loin la région de Drummondville. Les opinions exprimées dans ces quelques lignes reflètent la pensée de l’auteur et seulement celle de l’auteur.

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Démocratie, salaire et qualité…
(Mercredi, 7 Avril 2004)

On a grandement parlé, durant les dernières semaines, de l’augmentation de salaire que les élus municipaux de Drummondville se sont octroyés. Bon, à la limite, ce sujet amène de nouvelles discussions, entre Star Académie et la participation du Canadien aux séries de fin de saison.

Récapitulons d’abord les faits. L’augmentation dernièrement votée représente une hausse de 23,5% projetant le dits salaire à un niveau dépassant les 34 000 dollars par années (20 000$ + 10 000$ non imposables). Scandaleux direz-vous? Pas nécessairement.

En fait, un salaire fut historiquement donné aux élus pour assurer une certaine intégrité. En bon français, on donne une paie directe pour que les élus ne soient pas tentés de recevoir un pot de vin et d’agir ainsi dans des intérêts plus personnels que communautaires. Cette façon de fonctionner protège donc de la corruption qui, disons le franchement, se promène partout : à Ottawa, à Québec et dans tous les autres pays du monde certes à des niveaux différents. Voilà pour la nécessité d’un salaire décent pour les élus. Cependant, la décence des élu(e)s par rapport à leur citoyens et citoyennes fait quelques fois défaut, et dans l’affaire de la dernière augmentation de salaire, les échevins drummondvillois ont tout simplement, et c’est là mon opinion personnel, rit du monde.

Premièrement à cause du passé récent des travailleuses et travailleurs de Drummondville. Dans la région, c’est près de 800 personnes qui furent mises à pied depuis près d’un an. Et ces gens ne sont pas nécessairement tous et toutes des diplômé(e)s ou des travailleuses et travailleurs spécialisé(e)s qui se retrouveront du travail facilement dans la région. Plusieurs familles projettent de s’exiler vers Granby ou Victoriaville comme plusieurs l’on déjà fait. Pendant ce temps, nos élu(e)s, soit-disant près des gens, augmentent leur salaire et de façon rétroactive en plus.

Deuxièmement, l’idée même qu’un élu puisse lui-même s’octroyer une augmentation de salaire présente une lacune importante dans notre système démocratique. C’est le principe qui compte : combien dans Drummond peuvent se voter un salaire? Les gens syndiqués. Mais encore, ils doivent négocier avec le patron pour obtenir ou non cette augmentation. Et maintenant, combien peuvent se donner cette augmentation sans que personne puissent rien n’y faire? Pas beaucoup en effet. Et une chance, parce que ce sont les contribuables qui paient au bout du compte. Pour vraiment être démocratique, pourquoi ne pas simplement inclure, dans les bulletins de vote municipaux, quelques cases où l’électeur pourrait faire savoir qu’elle augmentation il est prêt à consentir à ses élu(e)s. Il pourrait choisir, par exemple, entre 5%, 10% ou 15%. Ou encore, pourquoi ne pas fixer l’augmentation de salaire des élus à 2% annuellement, comme indexation au coût de la vie? De cette manière, ce serait moins insultant pour les petits salariés, les chômeurs et les sans-salaires.



34 000 dollars par années, c’est le salaire moyen au Québec. Du moins, c’est dans la moyenne diront certains. Dans la moyenne certes, mais pour minimalement 35 heures de travail par semaine échelonnées sur 48 semaines. Or nos élu(e)s ne travaillent pas 48 semaines. Ils ont deux mois d’inactivité reliés aux affaires municipales pendant l’été et certains prennent un mois de vacance l’hivers ( deux conseillers de notre conseil reviennent d’ailleurs de pays plus au sud). On peut donc facilement affirmer que les élus ne travaillent que pendant neuf mois. Mais donnons leur le bénéfice du doute et faisons un petit calcul basé sur 10 mois, donc 46 semaines. Ce qui donne environ à 739$ brut par semaine. À 35 heures par semaines, le salaire revient donc à 21,10$ de l’heure. Le problème, c’est que nos élu(e)s ne travaillent pas 35 heures par semaine aux affaires municipales. Enfin pas tous.




En effet, lors de la dernière séance du conseil municipal le 5 avril dernier, j’ai personnellement demandé à mon conseillé, Monsieur Roger Lambert, combien d’heures il consacrait à son travail de conseillé. Après m’avoir étalé tous les comités auxquels il participait, il m’affirma, le plus sérieusement du monde, qu’il consacrait 15 heures par semaine au poste d’échevin. Wow! Quinze heures. C’est tout un side-line comme on dit. Ce qui revient, à 49,27$ de l’heure pour le poste de conseillé. À tout de moins le poste de Monsieur Lambert, parce que, selon les dires d’autres conseillés, il faudrait plutôt compter entre 25 et 30 heures pour accomplir le travail comme il se doit. Alors de deux choses l’une : où bien Monsieur Lambert a dit la vérité tout en insultant ses compères, ou bien ce sont les autres conseillés qui ont dit la vérité, ce qui reviendrais à dire que Monsieur Lambert ne fait pas son travail à un juste niveau. D’une façon ou d’une autre on n’en sort pas : il y a des gens au conseil municipal qui ne font par leur travail…mais ils se permettent tout de même d’augmenter leur salaire.

Et ce qui est le plus drôle, c’est que les conseillés ont justifié cette augmentation de salaire par le fait que ça attirerait des candidats de qualités aux prochaines élections. C’est bon. Mais en attendant, messieurs et madame les élu(e)s, dites donc, c’est quoi un candidat de qualité?

(Pascal Allard)

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