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Avis : Le but de ce billet est de jeter un regard critique sur l’environnement politique, économique et social qui touche de près ou de loin la région de Drummondville. Les opinions exprimées dans ces quelques lignes reflètent la pensée de l’auteur et seulement celle de l’auteur.

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Ne soyons pas vaches avec notre lait!
(Vendredi, 18 Avril 2003)

Les histoires de David contre Goliath m'ont toujours plu. Les journaux nous apprenaient dernièrement qu'une petite coopéative de la région de Québec-Beauce-Chaudière-Appalaches, Agrinove, employant 175 personnes se faisait poursuivre pour plagiat par Parmalat. La multinationale italienne a lancé une poursuite de 6 millions contre Agrinove. Elle trouvait inacceptable de retrouver sur l'emballage des produits laitiers de la petite coop un logo, jugé plagié, sur lequel on retrouvait un paysage de campagne avec une ferme, des arbres, un camion et une table avec des chaises. BÂTARD C'EST DU LAIT VOUS ME DIREZ-VOUS!

Non. C'est une industrie de milliards de dollars par année. Ils n’étaient tout de même pas pour mettre une pitoune en bikini sur leurs emballages. Rappelez-vous la dernière fois que vous êtes passé devant le rayon des produits laitiers, toutes les marques, que se soit Lanctancia,Québon ou même Lamothe et frères affichaient un paysage de campagne avec un champ, une ferme et une route. Après être passé en arbitrage, plusieurs centaines de milliers de dollars et huit mois de retard sur sa mise en marché, Agrinove qui représente 0,1% du marché du lait a remporté sa bagarre contre Parmalat. D'après vous, est-ce un hasard que Parmalat a frappé Agrinove en plein lancement de produit ou est-ce un autre signe de réussites des temps modernes qui se fait non plus par des accomplissements, mais plutôt par affaiblissement de l'adversaire? Parmalat est une multinationale italienne de 7 milliards de chiffre d'affaires employant environ 40 000 employés et représentant 25% du marché du lait au Canada. Je ne parle même pas des sous-produits et du marché de l'eau de source américaine que le géant italien vient nous vendre sous l'étiquette d'Aquafina. Encore des actionnaires étrangers qui s'enrichissent à notre place, comme si l'on n’avait pas d'eau dans notre province. En passant, Parmalat n’est pas le pire. Une certaine compagnie américaine du nom de Coca-Cola en profite grandement! Elle pompe notre eau de source et nous la revend sous la bannière Dasini.

Je ne sais pas si c'est par solidarité ou conscience locale, mais moi j'achète que du lait Lamothe. Du moins, n'importe quelle compagnie laitière en autant quelle est d'ici. Ne vous faites surtout pas berner comme tente de le faire Parmalat qui affiche fièrement depuis peu sur ses litres de lait : ¨Ce lait provient de Sainte-Julie¨ ou encore ¨de Mont Saint-Hilaire¨. Qu'il est bon monsieur Parmalat avec les Québécois! Foutaise! Tout ça n'est que marketing alimentaire pour mousser les ventes. Parmalat, anciennement Sealtest, veut charmer la clientèle québécoise et surtout faire oublier le nom anglophone de son prédécesseur en touchant sa fibre la plus sensible, la fibre nationaliste. Encouragez donc votre nation première, achetez local. Sillonnez les routes de campagne et vous verrez qu'il ne manque pas de fermes laitières au Québec. Dans la province, c'est près de 57 000 emplois qui sont générés par l'industrie et les producteurs de lait. Pourtant, cela ne semble pas assez pour convaincre le gouvernement fédéral de cesser l'importation d'ingrédients laitiers des États-Unis. Par exemple, selon la Fédération des producteurs de lait du Québec, au lieu d'utiliser de la crème provenant d'ici dans la fabrication de crème glacée par Breyer's (notre ami Parmalat), Ottawa permet l'importation d'un mélange d'huile de beurre et de sucre des États-Unis. Cela ferait perdre 30 millions annuellement aux producteurs de lait ce qui représente environ 30% du marché. Ce procédé, utilisé entre autres par Ben & Jerry's, a été jugé hautement cancérigène suite à des études universitaires. De plus, ces produits américains ne répondraient pas aux critères de Santé Canada. Vive le lobbying. J'appuie entièrement les producteurs de lait qui ont manifesté à la frontière américaine et au Saguenay Lac-Saint-Jean. Comme quoi parfois notre pire ennemi n'est pas une multinationale étrangère, mais plutôt notre propre gouvernement.

J'habite le centre du Québec depuis un peu plus d'un an. Comme plusieurs centricois, c'est l'emploi qui m'y a amené. J'étais encore à Montréal lorsque j'ai reçu l'appel m'invitant à passer l'entrevue pour un poste à Drummondville. Le matin même de l'entrevue, j'ai réalisé à ma grande surprise que je buvais du lait qui provenait de la rue St-Pierre à Drummondville. La Laiterie Lamothe et frères devenait soudainement un allier pour affronter cette entrevue. Ca porté fruit et ironiquement j'ai eu l'emploie un coin de rue plus loin. Depuis j'ai encore plus compris l'importance d'acheter mon lait comme ça me plaît, de l'acheter local.

Jean-François Prégent

(Jean-François Prégent)

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